La Frégate, château du général Vandamme à Cassel

La Frégate

Dénommé ainsi car sa forme rappelle celle d'un bateau, le château de Vandamme est un des rares vestiges de château de la période de l'Empire restant dans le Nord .

De sa splendeur passée, il ne reste plus qu'un souvenir.

Que faire ?

P1070565

Etat actuel façade avant (photo Dominique Seret).

 

La splendeur passée

Carte ancienne facade arriere fregate

Façade sur le parc vers 1900 (auteur de la photo inconnu)

Le journaliste Michel Marcq a écrit un article dans la Voix du Nord du 2 juin 1983 où il cite un témoignage de Hyacinthe Corne :

«Si un méchant homme peut être grand général, il peut aussi être homme de goût, et Vandamme a fait preuve qu'il l'était parti qu'il su tirer de l'admirable position de ses domaines. Le parc, dont il est le créateur, situé sur le haut et le penchant de la montagne, présente l’aspect le plus varié et le plus pittoresque qu'on puisse se figurer. Il est dessiné avec tant d'art qu'a chaque détour d'allée, sous bosquet et sur le bord de chaque étang, la vue change et offre une tout autre perspective. C'est toujours la même plaine qui se déroule aux yeux du spectateur, mais les échappées de vue sont si bien ménagées qu'on croirait à chaque pas découvrir des campagnes nouvelles et les murs du parc si adroitement déguisés qu'il semble n'avoir d'autres bornes que celles de l'horizon. On trouve dans cette magnifique propriété tous les embellissements que l'on pouvait porter à une nature déjà si riche de ses propres beautés. Des pièces d'eau, des massifs d'arbres verts, des pelouses, de jolis pavillons, des jeux de toute espèce concourent, avec la magnificence du site, à en faire un séjour charmant et digne d'être une résidence royale si le château répondait à la beauté du parc, mais il est très ordinaire....

« ... Et l'on peut dire que le général Vandamme a mieux logé ses chevaux que lui-même. En effet, il leur a fait construire une espèce de palais digne, tout au plus, des chevaux d'Achille, par honneur pour leur origine divine, ou de l'immortel Bucéphale, ou bien encore du plus illustre comme du plus infortuné des coursiers, l'incomparable Rossinante; Les stalles, au nombre de vingt-quatre, destinées à recevoir chacune un cheval, sont toutes de marbre noir ainsi que les auges. Le pavé même était de marbre; on a été obligé de lui substituer un pavé plus simple, mais plus commode. Un dôme, en forme de lanterne, éclaire le vaste édifice. Dans le fond est une pompe qui vomit l'eau par une tête de cheval en bronze parfaitement travaillée. Une sellerie et une grange, ornées de vitraux de couleur, complètent cette magnifique écurie. Elle peut charmer un instant la curiosité du voyageur, mais devant la raison, un luxe si exorbitant pour le logement des animaux n'est qu'un larcin coupable fait à l'indigence. On ne séduit pas la raison comme les yeux. Elle s'indigne souvent de ce que ceux-ci admirent, et que de fois dans les jardins magiques de Versailles, n'a-telle pas gémi de la prodigalité des princes qui épuisent la substance de leurs peuples pour élever des palais enchantés où ils s'endorment au sein des plaisirs ! Les hommes devraient s'entendre pour n'accorder leur admiration qu'aux travaux vraiment utiles aux hommes. »

 

Cadastre travaille 1

Fond d'image : Cadastre 1833 (Archives Départementales du Nord)   Graphisme : D. Seret

Les pillages

Pillage de 1814

Le château fut pillé en février 1814 par les cosaques du général russe Geismar, qui avait la volonté de se venger de l'appropriation l'année précédente par Vandamme de trois cent mille francs et d'une paire de chenêts en argent. Une première expédition permit de repartir avec une voiture chargée de vins. Le lendemain, rien ne fut épargné :
" Sa troupe a pris et emmené une voiture coupée et une calèche, plusieurs trumeaux, des lustres, beaucoup de couvertures de lits, etc. Le portrait du général a été taillé à coups de sabre.
A leur départ le chef a dit aux domestiques qu'ils avaient encore un jour pour mettre de côté tout ce qu'ils voudraient sauver, qu'ils allaient revenir avec une grande force pour mettre le feu à la maison.La perte et le dégât sont estimés de 10 à 12.000 francs." (Bulletin du Comité flamand de France, année 1924, 3ème fascicule).

Pillage de 1815

Au mois d'août 1815, une foule de casselois envahit une première fois la propriété et déroba du vin. Le mois suivant, sous différents prétextes, une grande foule envahit de nouveau la propriété. Le maire demanda l'intervention de l'armée pour éviter le pillage, mais trop peu nombreuse, la petite troupe fut rapidement mise en difficulté, mais l'arrivée de renforts dissipa le mouvement.

Le classement

Le château a été classé par un arrêté du 6 novembre 1980

Protection MH 1980/11/06 : classé Monument Historique
Façades et toitures ; pièces suivantes au rez-de-chaussée avec leur décor : vestibule, grand salon, salle de billard, boudoir, salon rond, salle à manger et office.

Référence PA00107418

Source : Base Mérimée

Date de dernière mise à jour : 03/07/2018

×